La parentalité

Jean-Marc LOUIS
Derrière bon nombre de faits de société actuels (violence, délinquance) se lit une carence fondamentale au niveau de l'autorité paternelle.
Un enfant a besoin de repères, de cadres, de valeurs. Ces notions se mettent en place à partir de modèles adultes certes, mais aussi et surtout au travers de l'autorité paternelle. Il est important que l'enfant s'entende dire non, qu'il perçoive des interdits. Et c'est l'image forte du père qui seule permet cette identification et l'intégration de limites aux désirs.

Un père n'est pas celui qui refuse d'interdire parce qu'il pense que c'est entraver l'expression de son amour. Ce n'est pas non plus celui qui use de la violence pour imposer. Un père est un adulte qui sait ce qu'il veut, qui dit et vit ce qu'il pense, qui n'est pas influençable et sans personnalité. Hors de cette présence l'enfant ne peut vivre la phase œdipienne qui est cruciale pour la construction de sa personnalité et de son autonomie. Sans autorité, un enfant vit l'insécurité qu'il traduira par des troubles de la personnalité allant de l'agitation à la dépression. Mais ce sont surtout par ses tentatives d'appel à l'autorité paternelle défaillante que l'enfant puis l'adolescent va entrer dans des conduites déviantes, plus particulièrement la toxicomanie et la violence.

La place de la mère
N'ayant pas cette image paternelle suffisamment prégnante, le jeune va la rechercher dans le produit qui devient substitution. Ce produit auquel on s'attache, qui sécurise, qui impose sa loi. La notion de défi et de provocation n'est rien d'autre que la recherche de limites, le besoin de voir face à soi l'émergence de l'autorité d'un père.
Il est faux de penser qu'une mère peut remplacer le père. Elle doit être le relais de l'autorité paternelle, en être solidaire et renvoyer l'enfant à elle. Celui-ci tire beaucoup de profit à voir l'autorité paternelle valorisée par celle qui est intimement plus proche de lui, qui lui assure quant à elle la permanence de sa vie physique et affective. L'enfant sait alors qu'il peut grandir et devenir, qu'il ne risque pas d'être otage de cette mère et d'être cantonné dans le rôle de bébé qu'il a été et restera longtemps pour elle. Si la mère ne présente pas le père à l'enfant, ne lui révèle pas son autorité en s'y référant, elle risque de devenir toute puissante, parce qu'elle détient tous les rôles mais aussi castratrice parce qu'elle concilie en elle la fonction nourricière et aimante et celle répressive, ce qui ne va pas sans ambiguïtés.

Référence au père
En cas de père physiquement absent, il doit y avoir, de la part de la mère, référence faite à lui. La parole de la mère sur le père est fondamentale. Elle ne doit pas être négatrice, dévalorisante.
Si la personnalité du père est effacée ou s'il est démissionnaire, une approche thérapeutique familiale est nécessaire. Si le père la refuse, il est important que la mère aille en consultation. Non pas pour se soigner, mais pour montrer à son partenaire qu'elle a besoin de s'allier avec quelqu'un pour l'éducation de ses enfants et qu'elle ne peut assumer ce rôle seule.
Il faut savoir aussi que certaines femmes aiment les hommes sans autorité. Celles essentiellement qui ont peur de leur féminité soit, parce qu'elle avaient elles-mêmes un père sans autorité qui ne leur a pas permis de se révéler, soit parce qu'il a écrasé leur personnalité par un autoritarisme. 
C'est une erreur aussi de vouloir confier la fonction d'autorité paternelle à des institutions, l'Ecole notamment. L'enfant ne pourra d'autant moins la reconnaître qu'elle se trouvera en contradiction avec celui qui doit par principe l'incarner et il saura jouer de cela quand les adultes concernés n'entreront pas en conflit parce que l'autorité en soi ne se partage pas. Elle se prolonge, se délègue mais ne peut s'abandonner car c'est pour le père se nier soi-même totalement.

PLATON
Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter,
lorsque finalement les jeunes méprisent les lois
parce qu'ils ne reconnaissent plus au-dessus d'eux l'autorité de rien et de personne, alors, c'est là en toute beauté et en toute jeunesse le début de la tyrannie.

Un enfant a besoin de ses deux parents même séparés
Le divorce n'est ni une bataille ni un procès.
Il est possible de se séparer en douceur avec l'aide de la médiation familiale.

Pierre DRAI, premier président de la Cour de Cassation, 1990

« Avec le temps, la médiation entrera dans les mœurs Je ne vois pas pourquoi un être raisonnable se refuserait à faire cette démarche. »

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